"Chaque jour, dans la conscience de ce jour, est le meilleur
enseignement qu'il soit donné"

"Apprenons la Vie en cultivant les jardins du monde"

Yanis Petros

lundi 16 mars 2015

Dernière peinture




       ce n'est pas
       essentiellement la main
       qui sur le miroir du temps
       trace son destin
       c'est depuis l'aube du rien créateur
       l'héritage de la grande marche de la vie
       jusqu'au devenir déjà présent
       dans le maintenant du coeur
 YP



huile 92x73

15 commentaires:

  1. Ce pourrait être un épilogue poétique et pictural d'une histoire commencée lors d'un premier trait sur la toile mais c'est bien plus que ça, c'est le fruit d'une émotion, d'un parcours, d'une avancée au fil du temps, expressions successives comme dans le jardin d'un alchimiste qui d'œuvre au noir, d'œuvre au blanc atteint la couleur et avance peu à peu vers la pierre philosophale. Merci pour nous inviter sur ce si beau chemin de la Sagesse.
    En vous lisant, en regardant cette toile ma première pensée est allée vers ce merveilleux texte de Rainer Maria Rilke – Les cahiers de Malte Laurilds Brige ; car que ce soit pour écrire, peindre, sculpter ou pour toute création il ne suffit pas de…. comme tu l’écris si bien dans la première partie de ton très beau poème ?

    « Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l'on voyait longtemps approcher, à des jours d'enfance dont le mystère ne s'est pas encore éclairci, à ses parents qu'il fallait qu'on froissât lorsqu'ils vous apportaient une joie et qu'on ne la comprenait pas (c'était une joie faite pour un autre), à des maladies d'enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles, -- et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmes hurlant en mal d'enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent. Car les souvenirs eux-mêmes ne sont pas encore cela. Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers. » Rainer Maria Rilke

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Grandement merci monique pour ce magnifique texte que je ne connaissais pas, véritable hymne à la Vie !

      Supprimer
  2. Je me suis peut-être un peu étendue c'est pourquoi tout ce que j'ai pu voir dans cette dernière toile est si riche, (ne contient elle pas toute une vie ?) que je m'en suis tenue à ne donner que ce qu'elle a pu susciter en moi. Belle et douce soirée Yanis.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. pour écrire un seul vers
      il faut chausser la parole des aînés
      emboîter le pas aux inconnus
      et s'écarter des brillants savoirs

      Belle fin de semaine dans l'avancée des jours...
      :-)))

      Supprimer
    2. Oui très justes tes mots, être à l’écoute et aller vers les autres et ce, tout en restant humble, curieux et apte à communiquer et à partager, tenter de mettre des mots sur ses émotions, qu’elles soient douces ou chagrines.
      « La beauté en poésie est le résultat d’un processus et d’une rencontre » F. Cheng dans l’écriture poétique chinoise.

      Supprimer
  3. miroir du temps et traces de la vie...profitons, créons... c'est beau!

    RépondreSupprimer
  4. la main se déplace
    la lumière écrit
    son poème

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La main est le plus bel outil et la lumière son assistante :-)

      Supprimer
  5. La main de l'artiste se prolonge, la lumière s'infiltre, le partage prend naissance.
    C'est beau.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Thérèse toujours de ta fidélité :-)

      Supprimer
  6. Il y a quelque chose absolument graphique chez vous et bien entendu de calligraphique. Un peu aller sans l’autre mais ces aspects se marient bien chez vous. Et une particularité dans la palette de couleurs qui sort du traditionnel masculin qui fait plaisir à observer. Bien amicalement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En fait ces signes sont une synthèse personnelle que j'appelle "Les Calligrarythmes".

      Belle fin de semaine Mylène :-)

      Supprimer
  7. Et je rêve de ce si doux "maintenant du cœur"... porté si joliment par les étonnants callygarythmes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Chère Ötli, toi qui est représenté dans un très beau caractère graphique.

      :-))

      Supprimer